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Viking Skull - Doom, Gloom, Heartache and Whiskey

2008 - Southern Metal

samedi 5 septembre 2009, par 4s-de-p1que

Groupe encore méconnu (y compris pour les connaisseurs), Viking Skull fait partie de la vague d’artistes qui reviennent aux sources blues et country du rock ’n’ roll. Formé à l’origine par des membres de Raging Speedhorn en la compagnie de leur technicien guitares et de leur merchandiser, Viking Skull a déjà sorti deux albums (Born in Hell et Chapter Two). Celui-ci est l’affirmation d’un style particulier, formé par l’expérience d’une carrière discrète, mais pas si jeune que cela.

Parallèlement au southern rock (dont les emblèmes restent les ZZ Top et Lynyrd Skynyrd), une branche hard rock et metal s’est développée dès les années 1990 avec entre autres Five Horse Johnson, Sixty Watt Shaman et Alabama Thunderpussy. Actuellement, une des références du genre s’appelle Down, qui n’est autre qu’un projet développé par le chanteur de Pantera. Down domine la scène « NOLA » (« New Orleans - Louisana »), qui est d’ailleurs le titre de l’un de ses albums. Le southern metal, comme son grand frère version rock, possède une dominante blues et un caractère bien trempé (du fait de ses ambiances souvent très travaillées). Les paroles explorent souvent les tréfonds de notre caractère et de nos obsessions, notre rapport avec la nature, nos trips à l’acide, etc.

Viking Skull, c’est du southern metal « modéré », qui lorgne pas mal sur du metal plus traditionnel. En revanche, rien de modéré au niveau du son. Ca démarre en trombe avec « Start a War », ultra-nerveuse et surpuissante (une paire d’oreilles inhabituée sera complètement scotchée par les guitares). Couplets à fleur de peau, refrains hypnotiques s’enchaînent jusqu’à un break assourdissant. La chanson termine aussi fort qu’elle a commencé, Roddy Stone gueulant un « Now ! » définitif. Arrive maintenant la chanson-titre, qui démarre beaucoup plus progressivement (le même riff assez menaçant jusqu’au premier refrain). Après une première chanson plutôt inspirée par du thrash metal (donc basée sur l’agressivité brute), celle-ci assume mieux son côté blues. Du côté des guitares, le jeu est ici assez simple, mais toujours aussi puissant, à l’image du refrain. On trouve encore un petit break avant le final. « In Hell » renoue avec le côté épique de la première chanson. On trouve tout au long de celle-ci un des meilleurs riffs de l’album, ainsi qu’un break presque aussi puissant que dans « Start a War ». Plus originale, « Hair of the Dog » démarre avec une petite simulation d’une répétition en studio. Puis le batteur envoie la sauce (il se défoule bien, lui aussi, tout au long de l’album), suivi des guitaristes. « Hair of the Dog » est une pure déconnade, un mélange entre punk et rock ’n’ roll, le jeu de guitare étant toujours aussi puissant et basé sur la répétition. Après trois titres aux paroles assez torturées, celui-ci vient peut-être rappeler que Viking Skull ne se prend pas au sérieux. Ca repart doucement avec « Shot Down », dont les principaux riffs sont à rapprocher avec le jeu développé dans « In Hell ». « Shot Down » est encore un titre à ne pas manquer, cette fois grâce à son côté particulièrement entraînant. « Double or Quits » rappelle fortement par son style l’album précédent de Viking Skull, Chapter Two (la chanson « Blackened Sunrise », par exemple), c’est-à-dire que l’on verse nettement plus dans le style blues. Le titre suivant, « In for the Kill », peut faire l’objet de la même remarque (à rapprocher de « Unholy Ground » sur Chapter Two). Le jeu des guitares est tout de même bien de cet album. Dans la deuxième partie, l’originalité vient plutôt avec « 19 Swords » et son style moins sauvage, plus mélancolique. Un peu comme si les choses sérieuses commençaient (on a un peu l’impression d’assister à ce bref moment de nervosité avant la bataille finale d’un film). C’est indéniablement le morceau le plus inspiré du metal traditionnel, avec comme référence principale Black Sabbath (on peut tout à fait effectuer un parallèle entre cette chanson et la cultissime « Children of the Grave » de l’album Master of Reality). Bref, « 19 Sword », c’est une chevauchée solennelle et épique, encore une fois interrompue par un nouveau break surpuissant avant de s’achever avec l’utilisation originale de choeurs discrets pendant que Roddy Stone enchaîne ses « We shall ride ! » de conclusion. Enfin, parce qu’il faut bien en parler... Le dernier morceau est entièrement à part et franchement, pas forcément bienvenu. Trop lent et monotone par rapport au reste, c’est un peu le délire final de cet album.

En bref, cet album de Viking Skull est une grosse claque en forme de bouteille de whisky. Mis à part le dernier, tous les titres de Doom, Gloom, Heartache and Whiskey sont à garder. Des guitares énormes du début à la fin et un chanteur à la voix rocailleuse, assez bourrin... Mais qui cache bien son jeu, car il y a malgré tout un côté mélodieux (à la fois mélancolique et belliqueux) dans son chant. Prouvant au passage qu’il n’y a pas besoin d’être originaire de la Louisiane pour jouer du southern metal. Imaginez une bande de motards déconneurs qui se prennent pour la Horde Sauvage, et vous y êtes !

COMPOSITION DE L’ALBUM 1 – Start a War – 3’14’’ 2 – Doom, Gloom, Heartache and Whiskey – 4’48’’ 3 – In Hell – 4’24’’ 4 – Hair of the Dog – 2’52’’ 5 – Shot Down – 4’08’’ 6 – Double or Quits – 3’17’’ 7 – In for the Kill – 3’00’’ 8 – 19 Swords – 4’50’’ 9 – Drink – 6’41’’

MEMBRES DU GROUPE Roddy Stone (chant, guitare) Dom Wallace (guitare) Rich Vose (guitare) Waldie (guitare basse) Jess Margera (batterie)

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